Dalloz actualités : la preuve, le renseignement et le droit

09 juin 2020
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Dans Œdipe Roi, le souverain doit faire face à la peste qui ravage la Cité. Et l’oracle lui apprend que le salut viendra de la vengeance du roi auquel il a succédé. Pour guérir la ville, il lui faut soit chasser les coupables, soit faire payer meurtre pour meurtre. On le sait, Œdipe a succédé à Laïos, et le criminel qu’il doit rechercher, c’est lui-même. Aussi cette vérité d’oracle lui suffit d’autant moins qu’il prête à celui qui, le premier la porte à ses oreilles, son beau-frère Créon, la volonté de le détrôner. Et l’oracle est incomplet qui dit le crime sans désigner le coupable. Par la force et la menace, Œdipe contraint l’aveugle Tirésias, à dire l’entière monstruosité : Œdipe est le meurtrier de son père et l’époux de sa mère.

À ce stade de la tragédie commence l’enquête car ce n’est pas seulement l’oracle des dieux qui condamne mais l’autorité du souverain. En effet, le roi Œdipe a déjà fixé la peine, chasser le coupable. Et cette enquête qui porte sur lui, il la conduit aussi bien car c’est par un génie comparable, en résolvant l’énigme du Sphinx, qu’il avait, jadis, pris le pouvoir sur Thèbes.

Deux témoins ont vu et deux savent. D’abord, le Serviteur qui a vu la naissance d’Œdipe et qui est justement le seul des témoins à avoir survécu au meurtre de Laïos ; puis, le Messager qui a vu Œdipe enfant, aux chevilles percées et qui est précisément celui qui vient annoncer la mort de Polybe, le père adoptif d’Œdipe. Et ceux qui savent, savent d’un « savoir fatal et trop sûr » : Jocaste qui abandonna l’enfant, Œdipe qui porte aux pieds la cicatrice.
Michel Foucault a proposé plusieurs lectures de la tragédie de Sophocle. « Freud a cru qu’Œdipe lui parlait du désir, alors qu’Œdipe lui parlait de la vérité […] ce que raconte Œdipe c’est simplement l’histoire de notre vérité et non pas le destin de nos instincts ».

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Article rédigé par : César Ghrénassia et Robin Binsard