La lutte contre la fraude fiscale est devenue une des prioritĂ©s de l’État, particulièrement après l’accord UBS , la mise en place du sysÂtème FATCA aux États-Unis et surtout les rĂ©Âactions liĂ©es Ă l’affaire Cahuzac. Deux objectifs sont affichĂ©s : recouvrer l’impĂ´t dĂ» Ă l’État et punir les fraudeurs.
Pour dĂ©tecter, poursuivre et rĂ©primer la fraude fiscale, la tendance observĂ©e depuis dĂ©jĂ pluÂsieurs annĂ©es est la recherche de la transparence. Tout ce qui est confidentiel ou secret apÂparaĂ®t suspect tant sur le plan fiscal que pĂ©nal. Ce culte de la transparence permet — presque—tout et justifie beaucoup, l’administration fisÂcale se veut omnisciente et « intimidante» ce qui passe par un recours accru aux poursuites pĂ©nales de lutte contre la fraude.
La loi n° 2013-1117 du 6 dĂ©cembre 2013 reÂlative Ă la lutte contre la fraude fiscale et la grande dĂ©linquance Ă©conomique et financière (ci-après la « loi du 6 dĂ©cembre 2013 ») constiÂtue, Ă ce titre, une Ă©volution vers un droit fiscal qui se pĂ©nalise. Cette loi aurait dĂ» permettre la mise en place d’un dispositif facilitant une poliÂtique pĂ©nale cohĂ©rente, coordonnĂ©e avec l’adÂministration fiscale. Plus de deux ans après sa promulgation, un droit d’inventaire s’impose.
Éléments de définitions
La fraude fiscale apparaĂ®t comme une noÂtion floue : dĂ©finie par le Code gĂ©nĂ©ral des impĂ´ts (CGI), mais empreinte de mĂ©caÂnismes du droit pĂ©nal quant Ă la caractĂ©riÂsation de cette infraction.
La définition légale de la fraude fiscale.
La fraude fiscale est le fait de se soustraire frauÂduleusement Ă l’Ă©tablissement, au recouvreÂment et en dĂ©finitive au paiement de l’impĂ´t. Le dĂ©lit gĂ©nĂ©ral de fraude fiscale est dĂ©fini par le CGI Ă l’article 1741 et le dĂ©lit comptable de fraude fiscale se trouve Ă l’article 1743 du mĂŞme code. Ces articles recouvrent l’omission volontaire de dĂ©claration dans les dĂ©lais presÂcrits, la dissimulation volontaire des sommes sujettes Ă l’impĂ´t, l’organisation d’insolvabilitĂ©, l’obstruction au recouvrement de l’impĂ´t par toute manĹ“uvre frauduleuse.
Les éléments constitutifs du délit général de fraude fiscale.
Selon la chambre criminelle de la Cour de cassation, l’article 1741 du CGI vise «à la fois le fait rĂ©prĂ©hensible constituant l’Ă©lĂ©ment matĂ©riel de l’infraction et l’intention de fraude du contribuable ». Il dĂ©termine en outre les modalitĂ©s de commission du dĂ©lit.
Aux termes de l’article L. 227 du livre des procĂ©dures fiscales (LPF), le dĂ©lit de fraude fiscale doit ĂŞtre intentionnel. L’article 1741 du CGI exige que celui-ci rĂ©sulte du recours Ă une modalitĂ© frauduleuse dont le but est la soustraction au paiement ou Ă l’Ă©tablisÂsement de l’impĂ´t.
Les infractions prĂ©vues et rĂ©primĂ©es par les articles 1741 et 1743 du CGI, comme les infracÂtions pĂ©nales « de droit commun », requièrent donc Ă©galement un Ă©lĂ©ment matĂ©riel et un Ă©lĂ©ment intentionnel que le ministère public et l’AdministraÂtion doivent dĂ©montrer.
La notion de fraude fiscale demeure essentiellement fisÂcale bien qu’elle comprenne les Ă©lĂ©ments constitutifs de toute infraction pĂ©nale et regroupe de nombreuses incriÂminations, tantĂ´t communes Ă tous les impĂ´ts, tantĂ´t spĂ©cifiques Ă telle ou telle famille d’imposition.
Le résultat de ces définitions est un imbroglio de règles difficilement applicables et souvent peu compréhensibles pour le justiciable.
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