A l’initiative des dĂ©putĂ©s Alain Gest et Philippe Tourtelier, une proposition de rĂ©solution sur le principe de prĂ©caution a Ă©tĂ© votĂ©e Ă l’AssemblĂ©e nationale le 1er fĂ©vrier dernier. Pour mĂ©moire, en France, le principe de prĂ©caution a Ă©tĂ© inscrit en 2005 dans la Charte de l’environnement (article 5). Son application donne lieu toutefois Ă de nombreuses interrogations, objet d’un rapport d’information Ă l’AssemblĂ©e nationale intervenu le 8 juillet 2010.
La rĂ©solution votĂ©e le 1er fĂ©vrier dernier s’inscrit dans ce cadre.
Elle rappelle tout d’abord la “nĂ©cessitĂ© de conserver ce principe Ă©minemment nĂ©cessaire”, ce rappel apparaissant salutaire Ă l’aune des dernières dĂ©cisions du juge administratif en matière d’antennes-relais.
Elle indique ensuite les raisons Ă l’origine des difficultĂ©s d’application du principe de prĂ©caution : (i) les expertises fondant les analyses manquent de rigueur et de transparence ; (ii) le pĂ©rimètre des risques relevant du principe de prĂ©caution n’est pas clairement dĂ©fini ; (iii) le dĂ©bat public doit ĂŞtre amĂ©liorĂ© par la mise Ă disposition de toutes les analyses disponibles, sans rĂ©tention d’information ; (iv) l’absence d’un rĂ©fĂ©rent unique, clairement identifiĂ© et porteur de la procĂ©dure jusqu’à la prise de dĂ©cision.
S’agissant du pĂ©rimètre de ce principe, la rĂ©solution votĂ©e le 1er fĂ©vrier 2012, qui n’a, rappelons-le, aucune valeur contraignante, propose une application du principe de prĂ©caution en cas de dommages Ă la santĂ© sans nĂ©cessairement caractĂ©riser un dommage Ă l’environnement. Cet abandon du cumul est Ă remarquer.
Mais cette rĂ©solution dĂ©finit surtout les conditions d’une expertise objective, indĂ©pendante et globale.
Elle suggère une réforme du Comité de la prévention et de la précaution (CPP), qui se chargerait désormais d’identifier les risques émergents et de désigner des référents en charge desdites expertises.
Les députés souhaitent éviter le scandale du Comité amiante qui a donné lieu il y a quelques semaines à des mises en examen remarquées de ses anciens dirigeants.
Ils entendent Ă©galement s’approprier la dĂ©termination des conditions d’application du principe de prĂ©caution et ne pas laisser ce pouvoir aux seuls juges.
En effet, ils constatent que “La formation de la jurisprudence est (…) longue, incertaine, et tributaire des moyens prĂ©sentĂ©s par les intĂ©rĂŞts et parties en cause. Elle peut Ă©galement manquer de cohĂ©rence entre les ressorts juridictionnels tant qu’elle n’est pas exprimĂ©e, suivant le cas, par le Conseil d’État ou par la Cour de cassation, saisi par les parties. Elle est, au demeurant, susceptible de contradictions entre les ordres juridictionnels, voire de revirements de jurisprudence.”
Cette prise en main de la question apparaît plus que nécessaire au regard des contradictions apparues ces derniers mois sur la question des antennes-relais.

